
L’année 2025 a été l’année la plus marquante de ma vie : J’ai appris que j’avais un cancer et j’ai divorcé.
En quelques semaines, j’ai perdu ma santé et mon mari. Après quinze années de mariage, je me suis retrouvée malade et seule avec mes filles, au beau milieu d’un champ de ruines.
Dans notre religion, on a coutume de dire que, quand Allah ferme une porte, il en ouvre deux autres. Pour moi, je crois qu’Il en a ouvert des dizaines.
J’ai découvert la place que j’occupais dans le cœur de chacune des personnes qui m’entouraient. Ma famille, bien sûr – ma sœur a joué un rôle primordial, ma cousine aussi. Des amitiés ont été confirmées, d’autres se sont renforcées. Certaines personnes ont fait leur entrée dans ma vie et m’ont apporté une aide précieuse alors qu’on se connaissait à peine.
Leur soutien m’a permis de relever la tête.

Et même si tout le monde n’était pas en constamment à mes côtés, j’ai toujours été rassurée de savoir que je pouvais compter sur eux. J’ai réussi à me redresser et, de ces ruines, est sortie une femme que je ne connaissais pas. Une femme dont j’étais fière.
Une femme forte, qui affronte la maladie avec courage tout en portant ses deux filles à bout de bras. Une femme libre, belle et aimée.
J’ai retrouvé mon sourire et j’ai décidé qu’il ne me quitterait plus jamais. Je me suis mise au sport. Je me suis occupée de moi physiquement. Je suis retournée au restaurant.
Parfois, je sortais me balader sans raison particulière, juste parce que j’en avais envie. C’est une chose que je ne faisais plus depuis des années.
Dans le passé, j’ai souvent entendu les gens me dire que j’étais une femme forte mais c’est la première fois de ma vie que je me vois moi-même comme telle. Car malgré toute l’aide dont je bénéficie, je reste la seule à mener mon combat contre la maladie.

D’ailleurs, c’est étrange car elle ne se lit pas sur moi. Quand j’annonce aux gens que je suis malade, souvent, ils restent sans voix. Ils trouvent que je rayonne. Moi aussi, je le sens. À quarante-deux ans, j’ai l’impression d’en avoir tout juste trente.
Et surtout, je me sens belle. J’ai subi l’ablation d’un sein, perdu mes cheveux et pourtant, quand je me regarde, je me sens plus femme que lorsque j’avais mes seins et mes cheveux.
Je sais que j’ai encore un long parcours qui m’attend mais le plus dur est derrière moi. J’ai beaucoup d’espoir en l’avenir.
Aujourd’hui, j’ai confiance en moi car je sais de quoi je suis capable. Je suis en train de passer mon permis. Mes filles vont bien, je les vois plus heureuses. La grande est devenue plus indépendante. Elle fait ses devoirs seule, elle a de bonnes notes. La petite a été désignée première de sa classe en lecture. Je suis fière d’elles et de moi.
Je suis émue de voir tout ce que nous avons réussi à accomplir sans lui. La maladie l’a fait fuir et son absence m’a guérie.